Comment j’ai fait mon livre photo ?

Dans cet article, découvrez les raisons qui m’ont poussé à sortir mon premier livre photo et les coulisses de la création : direction artistique, impression etc.

Pourquoi j'ai fait un livre ?


Le 28 août 2021 je pars à Perpignan au festival de photojournalisme "Visa pour l'image", la référence en photojournalisme dans le monde.


Je ne suis ni reporter ni photojournaliste, néanmoins je documente des actions d'associations et des moments de vie. J'ai un reportage sur l’association Permakabadio, l'occasion d'aller vivre mon premier festival photo en tant que professionnel. Le but est de présenter mes photos à des lecteurs de portfolio, des professionnels de l'image qui donnent leur avis sur ton travail.


À Perpignan je rencontre plusieurs magazines, médias, imprimeurs, les retours sont parfois négatifs, mais très constructifs. Néanmoins, un consultant pour photographe, Gilles, prend une heure de son temps avec moi, il voit un potentiel dans mon travail et m'invite à me voir à Paris.


De retour dans la capitale, je revois Gilles, qui me pousse à faire un livre photo et est prêt à m'accompagner dans ce nouveau projet.

Son travail : il est directeur artistique. Il m'aide dans le choix des photos à mettre dans le livre (ce qui est très difficile pour le photographe lui-même), me met en contact avec un imprimeur (Escourbiac, référence française du "beau livre") et partage mon travail avec d'autres photographes.


Les étapes de la création du livre :


Le 18 octobre 2021, je signe le devis chez l'imprimeur "Escourbiac" pour 400 exemplaires. Le but est de sortir le livre pour Noël, je dois donc rendre le fichier final le 15 novembre.


Comment faire un livre en moins d'un mois, et sans savoir se servir de Indesign ?


Réponse : On regarde beaucoup de tuto, on s'entoure, on ne dort pas beaucoup, mais quelle aventure !


1. Le choix des photos


La première question à se poser quand on crée un livre est : Qu’est-ce que je veux raconter ? Quel est mon sujet ?


Le plus gros challenge dans la création du livre réside dans le choix des photos. Après avoir passé trois mois au Sénégal, je suis revenu avec plus de 1 500 photos. Connaissant personnellement les habitants qui figurent dans ces photos, je ne pouvais pas faire de choix objectif sur la sélection et n’avait de toute façon pas la capacité d’intégrer toutes ces photos et de faire des choix concordants. Il m’aurait fallu des mois.


J’ai envoyé 800 photos à Gilles Cargueray, qui a sélectionné les plus pertinentes et fait le choix de raconter une journée à Kabadio. J’ai été impressionné par sa rapidité et son talent : sans qu’il ne me dise rien, j’ai tout de suite compris l’aspect chronologique.


Il cherche des photos qui communiquent les unes entres les autres en termes de couleurs ou de situations alternant temps forts et temps de pauses. En effet, on ne peut pas mettre que ses plus belles photos. Ce serait leur porter préjudice. Il faut se résigner au fait que certaines de nos favorites ne figureront pas dans le livre.


Environ six versions sont faites en moins d'une semaine.


2. Le choix des textes :


J'ai décidé de donner la parole aux gens du village et nous avons communiqué via des audio Whatsapp.


J'ai choisi de leur poser une question simple "Quel est ton moment préféré de la journée ?" Grâce à leurs réponses et aux argumentations de chacun j'ai pu les faire coïncider avec les photos.


Sur les sujets de l'école ou du collège, j'ai pu compter sur le directeur de l'école, Sékou Sané, qui a cherché des chiffres exacts.


Ce fut un vrai travail de fourmis, toutes les interviews ont été réalisées en français ou en anglais pour les Gambiens qui vivent au village par messages vocaux. J’ai dû ensuite retranscrire, regrouper les idées, et parfois aller plus loin dans mes questions. N’ayant pas de parfaites capacités rédactionnelles, j’ai demandé de l’aide dans la rédaction des contenus et j’ai fais relire les textes par plusieurs personnes (dont des professeurs de français) afin de m’assurer que tout était en ordre.


Je recevais au moins une heure de messages vocaux par jour des gens du village”

3. La mise en page


La mise en page est très importante, c’est ce qui va rendre ton livre agréable à lire. Elle doit être faite minutieusement. Il faut vérifier que toutes les marges sont bonnes pour l’impression, éviter d’avoir plus de deux couleurs de textes (j’ai choisi un jaune pour les citations et un marron pour le texte global afin que le lecteur capte tout de suite quelle couleur correspond à quoi).

Photo de Tima Miroshnichenko provenant de Pexels

4. L’impression


Il y a plusieurs choses à savoir sur l’impression d’un livre photo :

  • Toutes tes photos doivent être en CMJN. Je travaille normalement les miennes en RVB et il a fallu les convertir en CMJN. Il est possible de convertir toute une sélection sur Photoshop, plutôt que de les convertir une par une.

  • Avant d’envoyer la version finale, l’imprimeur envoie une planche-test afin de s’assurer que les couleurs sont bonnes. J’ai eu de la chance : tout était bon.

  • Je décide d’une couverture ou “KABADIO”, le titre du livre, est en vernis brillant. Il faudra donc vectoriser le titre. Après plusieurs tutoriels sur Youtube, j’y parviens enfin !


Le 15 novembre, mon fichier final part en impression. L’imprimeur s’est engagé à m’envoyer la commande des 400 livres sous un délai d’un mois. Il n’y a plus qu’à attendre !


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